Je n’aime pas les fruits et les légumes. Et non je ne suis pas chiante.

je n'aime pas les fruits et les légumes

Il y a toujours eu pour moi deux catégories distinctes : ce que j’aime et ce que je prends plaisir à manger, et ce que je n’aime pas. Et d’aussi loin que je me souvienne, les fruits et les légumes ont toujours fait partie de la seconde catégorie.

La genèse : l’enfant qui « n’aimait rien »

Enfant, j’adorais la période des vacances scolaires. C’était le moment où je pouvais passer du temps en famille à refaire le monde. A passer des après-midi dehors, en plein air. J’étais d’ailleurs la première à courir jusqu’au jardin de mes grands-parents et à apprécier le voir évoluer au fil des saisons. A ramasser les premières poires, en veillant à ce qu’elles soient assez mûres, les premières fraises et framboises, bien rouges. Ou à équeuter les haricots verts sur la grande table en chêne. La porte ouverte, laissant entrer les rayons du soleil. L’ironie, c’est que j’étais aussi la première, et la seule, à refuser catégoriquement de les manger. Pendant que tout le monde se partageait le butin du jour juste sous mes yeux.

Quand le doute s’installe

Est-ce qu’il y a vraiment des personnes qui n’aiment ni les fruits ni les légumes ? Oui, véritablement. J’imagine déjà votre regard interloqué. Peut-être que vous vous dites que c’est un caprice, que ce n’est pas possible et qu’il suffit de goûter pour changer d’avis. Ou peut-être que vous connaissez des personnes dans votre entourage qui ont cette caractéristique, mais que vous ne les comprenez pas.

Et bien sachez que ces personnes ne sont ni chiantes, ni capricieuses et que cela leur coûte sûrement beaucoup. Enfant, je me suis souvent sentie en décalage, différente à l’idée de ne pas pouvoir « être comme les autres ». Je me demandais si effectivement je ne faisais pas exprès ? Et si peut-être un jour, comme par miracle, j’allais finir par manger « comme tout le monde » et entrer « dans la norme » (ou dans une autre case, selon le point de vue).

Le mot de la « faim »

Loin de me laisser abattre, j’ai cherché des astuces avec l’aide de mes proches. J’ai essayé de découvrir de nouveaux produits, de nouvelles saveurs. Dans la cuisine de mes grands-parents, j’ai imaginé des recettes originales avec leur complicité. Avec les quelques ingrédients que j’avais sous la main et que j’appréciais. Puis des recettes avec de jolies textures et couleurs : smoothies, purées, jus, veloutés, bowl, des salades (sans salade)… tout y passe. Et des fois, il m’est arrivé de tomber sur LA recette que j’allais (enfin) pouvoir ajouter à la liste de celles que j’allais prendre plaisir à déguster et à (re)faire.

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Mais ce n’est que récemment, après avoir échangé avec une orthophoniste, que j’ai compris que tout cela peut découler d’un trouble de l’oralité ou d’une phobie alimentaire. Que ces 25 dernières années n’étaient pas faites de caprices. Et qu’étape par étape, avec de la motivation et du courage pour affronter ses peurs, c’est quelque chose que l’on peut travailler.

C’est un long chemin que je m’apprête à prendre, qui va nécessiter du temps et du courage pour apprendre à déconstruire mes peurs. Je ne peux que remercier mes proches pour leur soutien infaillible pendant toutes ces années. Et je vous souhaite à vous aussi, si vous êtes dans la même situation et que vous avez un trouble de l’oralité, de pouvoir trouver votre chemin ! N’hésitez pas à me laisser un petit mot pour discuter.

Angélina.

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